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Le métier d’hôtesse de bord

Le métier d’hôtesse de bord
27 juin 2018 Isabelle Verdier - Belliot
Le métier d’hôtesse de bord catamaran charter Antilles

Le métier d’hôtesse de bord

Une passion pour l’accueil

Avant de me lancer dans cette aventure et d’être hôtesse de bord, j’ai tenu ma propre maison d’hôte à La Rochelle pendant une quinzaine d’années. J’ai eu la chance d’accueillir des centaines d’étudiants de 16 à 66 ans (et oui il n’y a pas de limite d’âge pour d’étudier). Ils venaient du monde entier afin de parfaire leur apprentissage de la langue française.

Ma maison (et ses 8 chambres) a très vite été surnommée l’auberge du soleil, ou encore l’auberge espagnole…

Il est vrai que toutes ses nationalités se retrouvant autour de la table rayonnaient de tout ce qui fait la richesse de nos différences.  Je pourrais en parler pendant des heures, mais le sujet aujourd’hui est le métier d’hôtesse de bord !

Hôtesse de bord catamaran antilles

Première étape : devenir “Marin”

Le terme “marin” a un sens premier “professionnel” et pour être considéré comme tel en France, il faut être détenteur d’un Livret Maritime délivré après avoir suivi une formation maritime.

Pour devenir hôtesse de bord, il me fallait obtenir le CIN,  le Certificat d’Initiation Nautique. Le certificat est obtenu après réussite à l’examen final d’une formation de 8 semaines pour un total de 280 heures. En 2007 la législation permettait à qui le souhaitait de suivre cette formation même s’il n’avait jamais navigué. Depuis septembre 2016, le CIN est remplacé par de nouveaux certificats : Le certificat de matelot pont, le certificat de matelot quart passerelle, et le certificat de marin qualifié pont.

Pour ma part j’avais une petite expérience de sortie en voilier, pris plusieurs fois le bac entre La Rochelle et l’île de Ré, testé quelques attrape- couillons touristiques, comme le bateau à fond de verre qui en fait était couvert d’algues… Bref, pas de quoi me prétendre marin.

Patrick m’a encouragé à retourner à l’école car m’a-t-il expliqué, je pourrai alors travailler avec lui sur des catamarans aux Antilles et dans le Pacifique. Ceci dans le but de remplir efficacement la caisse de bord. Je suis donc retournée à l’école, au lycée maritime de La Rochelle.  J’ai apprécié cette formation et appris beaucoup de choses.

Programme de la formation de marin CIN

Connaissance de l’environnement du milieu maritime, le navire et ses énergies, l’environnement réglementaire. Appréhender les savoir-faire professionnels : manœuvre embarcation, matelotage, règles de barre, sécurité, sauvetage, survie, secourisme…

Cette formation a pour objectif l’acquisition des connaissances nécessaires à :

  • La participation au service de quart passerelle
  • Le maintien ou rétablissement de sa sécurité personnelle, de celle du navire, de l’équipage et des passagers dans toutes les circonstances de navigation

En revanche aucune formation concernant l’accueil, l’hygiène et la cuisine à bord,  ce que devra avoir appris l’hôtesse d’une autre façon ! Car ce n’est pas un certificat d’hôtesse, mais un certificat de marin.

À l’obtention de ce diplôme, j’étais devenue « marin professionnel » et possédait dorénavant un livret maritime.

Livret Maritime

Ma nouvelle caisse de sécurité sociale devint  l’ENIM (Établissement National des Invalides de la Marine). Il s’agit d’un organisme public ayant en charge le régime spécial de sécurité sociale des marins du commerce, de la pêche et de la plaisance.

Déroulement d’un charter

En ce qui me concerne, j’ai commencé cette activité sur des catamarans aux Antilles, accompagné de mon fidèle Capitaine, déjà favorablement connu sur place depuis quelques années.

Suivant l’employeur le déroulement peut être différent. On peut être amené à s’occuper entièrement des approvisionnements et de la préparation des cabines. Là il faut être costaud car la manutention et le rangement demande beaucoup d’énergie dans un pays où il fait bien chaud.

Certaines compagnies ont des techniciens de services qui s’occupent de ces tâches et de bien d’autres pour soulager le skipper et l’hôtesse.

Quoiqu’il en soit, il est bon de prévoir ses menus à l’avance. Il faut aussi connaître les produits dont on va disposer, s’adapter à la cuisine locale pour offrir aux passagers des saveurs tropicales. Bien faire l’inventaire du matériel dont on va disposer à bord est important afin de le compléter par les ustensiles indispensables comme les fouets électriques, les couteaux bien affûtés, etc…

Ne pas oublier non plus  d’emporter avec nous tous les condiments qui feront la joie des papilles gustatives des passagers qui vont se succéder, ainsi que les rhums arrangés que l’on n’aura pas oublié de préparer dès notre arrivée.

L’organisation et l’anticipation sont très importantes. Il faut bien noter que cuisiner en mer, y compris sur un grand catamaran peut être parfois acrobatique. Alors profiter des escales est le meilleur moyen pour  préparer les repas dans la stabilité. Il est courant pour moi de préparer le repas de midi pendant que  l’équipage prend son petit déjeuner. Et le repas du soir pendant la pause déjeuner.

Le décalage horaire

Nos clients arrivant de France subissent un choc thermique entre Paris et les Antilles, mais aussi le décalage horaire. Le résultat, c’est qu’ils sont bien souvent levés très tôt, vers 6h00. Je prépare donc le petit déjeuner dès 5h30 du matin afin que tout soit prêt à leur arrivée dans le cockpit. Thé, café, chocolat, salade de fruits, yaourt, pain grillé, céréales, et œufs à la demande. Lorsque l’on a 14 ventres à satisfaire ça fait quelques fruits à éplucher, quelques tranches de pain à couper et quelques thermos à remplir.

Les charters durent souvent 6 à 10 jours, et les lèves tôt resteront bien souvent lève-tôt tout le séjour !

Une croisière réussie passe par une bonne table.

Savoir équilibrer les repas, mettre les plats en valeur, savoir préparer des desserts sont des points forts pour que la croisière soit vécue dans la bonne humeur. La mer ça creuse , ça met en appétit, on a souvent l’impression d’avoir tout le temps faim. Alors l’hôtesse passe beaucoup de temps en cuisine… Et si par malchance la météo n’est pas de la partie, la table reste le meilleur remède pour sauver l’ambiance de la croisière.

Le métier d'hôtesse de bord

Le ménage à bord

Bien sûr la cuisine doit toujours être impeccable, mais aussi les lieux communs que sont le carré, le cockpit et le pont. Patrick gère les extérieurs et moi je gère ma cuisine, le carré et passe chaque jour dans les cabines afin de rafraîchir le cabinet de toilette et de vérifier que les chasses d’eau sont bien tirées…. On fait et refait le topo WC plusieurs fois les premiers jours car c’est un coup à prendre qui n’est pas évident pour tout le monde.

Un équipage nombreux et ce sont des poils, des cheveux, du sable…Le ménage, c’est tous les jours.

Profiter de chaque moment de repos

Hôtesse c’est un boulot éreintant.  Levée à 5h30, couchée à 23h (parfois plus tard). Organiser les trois repas, le goûter, les apéros, animer les navigations, garder le sourire en toutes circonstances même si certains passagers sont difficiles, se plier en quatre pour que tout le monde soit content, y compris le capitaine (lol), voici une petite liste non exhaustive d’une journée classique. Tout cela demande une santé de fer, une patience d’ange et une bonne forme physique et psychologique. Pour ma part, je profite des moments de calme pour m’allonger ne serait-ce que 15 minutes afin de recharger mes batteries.  Et je vais nager dès que je peux car la mer me régénère.

Hôtesse de bord catamaran en Polynésie

Avec habitude et anticipation, j’arrive à prendre le temps d’accompagner nos clients en snorkeling avec masque et tuba. Et parfois aussi lors d’excursions à terre afin de découvrir avec eux les îles que nous abordons.

C’est pourquoi j’insiste sur l’organisation et la préparation en amont. Quand on sait ce que l’on va faire, quand on est sûr d’avoir tout ce dont on a besoin et qu’en plus on a de l’imagination pour parer à d’éventuels soucis d’approvisionnement, on peut vivre sa croisière de manière efficace tout en prenant quelques plages de plaisirs.

D’une manière générale les rencontres à bord sont  très sympas. Les partages d’expériences toujours intéressants. Souvent, les passagers n’hésitent pas à proposer et donner des coups de mains à la cuisine. Cela crée des liens et c’est un bonus non négligeable qui donne encore plus envie de faire plaisir !

Pour conclure : les plus et les moins du métier

  • Les plus : Ce sont les rencontres ! Les  nouvelles recettes ! Les parties de rigolade ! Les paysages merveilleux . Et de le partager avec mon capitaine de mari avec qui nous formons une bonne équipe !
  • Les moins : Souvent nous sommes mal logés à bord, ne bénéficiant que des pointes avant pour dormir. Le travail est très dur physiquement.  Si je travaille trois semaines non-stop, mes performances sont bien entamées. À la fin j’ai du mal à garder le sourire et la patience indispensable à cette activité. Le salaire n’est pas non plus à la hauteur des heures de travail que nous fournissons. Quant à la qualité du travail et au mal que l’on se donne, seul les clients le reconnaisse, nous n’avons jamais été encouragé par nos employeurs. Au contraire, ils en demandent toujours plus.

Les compagnies font leur réputation grâce à l’accueil à bord, grâce à la satisfaction des clients. Si l’hôtesse et/ou le skipper n’assurent pas, ce n’est pas bon pour eux. Ils devraient s’en rappeler plus souvent et offrir des salaires plus dignes d’un tel boulot. Aujourd’hui, le statut même de marin est attaqué pour faire en sorte que le personnel que nous sommes coûte toujours moins cher. On ne compte plus les “dérogations” qui permettent l’emploi précaire et la concurrence déloyale.

Bien sûr il est parfois possible de toucher des pourboires, mais en général ils ne permettent qu’une soirée restaurant où pour une fois ce n’est pas à moi de faire la cuisine. Après deux ou trois semaines de ce boulot intense, je dors au moins douze heures d’affilé.

En prime je vous offre un menu 5 jours :

1 : Déjeuner : mi-cuit de thon avec chutney mangue, salade verte, fromage et fruits

Dîner : Tarte Tatin à la ratatouille, salade, sorbet.

2 : Déjeuner : poisson cru à la tahitienne, salade, riz et lentilles. Flan coco

Dîner : chow mein de crevette, salade verte, fruits

3 : Déjeuner : couscous de poulet ou d’agneau, salade,  carpaccio d’ananas accompagné d’une légère mousse au chocolat

Dîner : salade de crudités variées et pomme de terre et/ou patate douce, œuf dur, fromage, crumble pommes bananes

4 : Déjeuner : brochettes de poisson mariné, tomates à la provençale, quinoa, salade verte, tarte au citron

Dîner : Tapas rillette de thon maison, viande froide,  avocat,  banane flambée.

5 : Déjeuner : dorade lait de coco et gingembre, riz, salade verte, fromage, crème renversée.

Dîner : quiche de légumes, salade verte, fruits

Sans oublier l’Apéro avec ses «  amuse-gueule » (olives, fruits secs, verrines, chips locales…)

Bon appétit !

Et si vous avez envie de vous lancer dans ce métier et que vous voulez en parler, n’hésitez pas à nous contacter !

Isabelle Belliot – Verdier

Mata’i Nautisme

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