Le balisage maritime et littoral et les signaux portuaires

Allez, je me lance dans une phrase complètement « bateau » 😀 : Comme le code de la route doit être connu des usagers de la route, le balisage maritime doit être connu des usagers de la mer.

Et oui, cela paraît évident, on ne sort pas en mer comme s’il n’y avait aucune règle.

D’ailleurs, il n’y a qu’à constater la complexité du littoral et le nombre de navires sur l’eau (voiliers, bateaux moteurs, jets skis, planche à voile, surf, paddle, kayak de mer, voire aussi les bouées « flamands roses » ou « licornes » qui ne se rendent pas compte de la vitesse à laquelle elles s’éloignent des côtes…) pour prendre conscience qu’il faut organiser tout ça.

Malheureusement, pour certains usagers, ce n’est pas encore totalement acquis. D’où le petit récit qui va suivre…

Une sortie de port pas comme les autres

Nous sommes un beau matin fin juillet, et nous quittons tranquillement le port de la Trinité sur Mer. Le chenal, que nous connaissons bien fait un S, comme vous le voyez ci-dessous sur cette image de la carte marine du SHOM.

Rivière du Crach - SHOM 7033

Note : Cette image appartient au SHOM, et ne doit pas être utilisée pour la navigation.

Nous suivons presque une file, car il y a de nombreux bateaux qui quittent le port à ce moment-là.

C’est alors que nous voyons un voilier qui trace tout droit, au lieu de suivre le chenal, il le coupe allègrement. La marée est descendante, et il reste environ un tiers de la hauteur d’eau avant la marée basse, j’estime à 1,50 m maximum la profondeur au-dessus des parcs à moules à ce moment là. Peut-être moins par endroit.

Le voilier va vite, au moins 5 nœuds. Il s’agit d’un voilier d’environ 8 mètres, je ne me souviens pas du modèle exact, doté d’un moteur hors-bord. L’équipage de 4 ou 5 personnes est affairé à hisser la grand-voile qui ne veut pas monter, ça coince.

Ils font de nombreux allers-retours entre le cockpit et le pied de mât, la grand-voile continue de coincer, et pendant ce temps le voilier trace sa route à vive allure, à environ 2 heures de la marée basse, là où la sonde découvre entre 3,3m et 1,6m…Je m’attends à tout moment à le voir s’arrêter net dans les parcs à moules. L’accident est tout proche.

Que se passe-t-il à bord ?

À ce stade, j’estime qu’il y a deux possibilités :

  • Soit le chef de bord est du coin et sait parfaitement ce qu’il fait (en tout cas mieux que moi)
  • Soit ils n’y connaissent rien et sont complètement inconscients du danger qu’ils courent

Au vu du mal qu’ils ont à gérer l’envoi d’une si petite grand-voile, je penche pour la deuxième.

Mais nous sommes trop éloignés pour communiquer de vive voix, et je ne préfère pas les interpeller sur le canal 16, je pense que si le voilier doit taper, il est déjà trop tard, et de toute façon je ne les imagine pas en veille VHF occupés comme ils sont.

En tout cas, la chance est avec eux, le voilier survole finalement les parcs à moules sans dommage ! Un miracle, tant mieux, on respire.

On s'approche pour en savoir plus

Il rejoint le chenal à peu près à notre hauteur, je m’approche alors et interpelle l’équipage, toujours en train d’essayer de hisser sa grand-voile :

  • « Bonjour, excusez-moi, j’ai une question s’il vous plait, est-ce que vous avez fait exprès de passer sur les parcs à moules, connaissez-vous le coin par cœur pour être passé aussi vite à cet endroit ? »
  • « Bonjour, quels parcs à moules, il y a des parcs à moules ici ? »
  • « Euh, ben oui, c’est pour ça qu’il y a un chenal balisé ! »
  • « Ah bon, quel chenal ? »

Alors là, nous nous regardons tous à bord, on croit rêver. Je continue :

  • « Et bien vous voyez là, cette bouée rouge, c’est une latérale bâbord, elle balise le chenal, et montre la route à suivre pour rentrer et sortir du port. Vous voyez, tous les bateaux qui sortent la laisse du même côté, c’est pour ça qu’ils se suivent les uns-les autres. Vous avez coupé le chenal, et j’estime à environ 10 ou 20 centimètres la profondeur qu’il vous restait sous le voilier au-dessus de certains parcs à moule…Vous verrez ce qu’il en est quand vous rentrerez au port à marée basse. »
  • « Ah d’accord, merci beaucoup pour l’info, on n’est pas du coin on ne savait pas…On va tacher de s’en souvenir. »

Avouez qu’il y a de quoi rester perplexe…. Et ce n’est qu’une anecdote parmi des dizaines d’autres. Autant vous dire que les loueurs de bateaux ont intérêt à être extrêmement patients car nombre de bateaux loués rentrent abîmés.

Cela explique d’ailleurs le doublement (ou plus !) des tarifs de nos assurances bateaux depuis une quinzaine d’années !

Connaitre le balisage maritime

Alors oui, savoir lire une carte et connaître le balisage maritime et littoral, voilà des notions de base à avoir avant de prendre la mer. Il faut savoir reconnaître et différencier les marques cardinales, les latérales, les dangers isolés, etc…  Ainsi que les signaux portuaires qui vous indiquent si vous pouvez ou non entrer dans le port.

Et franchement, pour revenir à la comparaison avec le code de la route, le balisage maritime n’a rien de sorcier, c’est même beaucoup plus simple, ces notions peuvent être facilement enseignées en moins d’une heure ! De surcroît, le balisage a l’avantage considérable d’être, grâce aux conventions de l’OMI, international !

C’est pour transmettre ce genre de notions, et pour que les usagers de la mer puissent se former à leur guise, depuis leur PC, leur tablette ou leur smartphone, que j’ai récemment créé le site internet « formations-maritimes.fr ».

Et c’est aussi pour cela que le premier cours, composé d’une vidéo de 36 minutes suivie d’un test doté de 20 questions est celui-ci :

En voici le sommaire :

  1. Présentation IALA – AISM – Ouvrages généraux – Principaux types de marques
  2. Formes des balises
  3. Moyens d’identification d’une marque de jour
  4. Moyens d’identification d’une marque de nuit
  5. Sens conventionnel de balisage et zones dans le monde
  6. Marques latérales
  7. Marques de chenal préféré
  8. Marques de danger isolé
  9. Marques d’eaux saines
  10. Marques spéciales
  11. Marques cardinales
  12. Signalisation des dangers nouveaux
  13. Marque d’épave en cas d’urgence
  14. Balisage des plages
  15. Signaux de trafic portuaire
  16. Balisage des ponts et musoirs

Ce cours est donc très complet et vous pourrez tester vos connaissances grâce à son test dédié.

Sur formations-maritimes.fr, vous trouverez tous les cours pour le permis côtier : à l’unité entre 10 et 20 euros ou par module à 50 euros. Voici le contenu des 3 premiers modules :

Dans le module 1, vous trouverez 3 cours :

  • BALISAGE MARITIME ET LITTORAL SIGNAUX PORTUAIRES
  • RÈGLES DE BARRE RIPAM 1
  • FEUX, MARQUES DE JOUR ET SIGNAUX DES NAVIRES RIPAM 2

Dans le module 2, vous en trouverez 4 :

  • NAVIGATION PARTIE 1 – NOTIONS DE BASE
  • NAVIGATIONS PARTIE 2 – INITIATION À LA LECTURE D’UNE CARTE MARINE
  • LA MARÉE
  • MÉTÉOROLOGIE MARINE

Et voici les trois cours du module 3 :

  • SÉCURITÉ DU NAVIRE – RESPONSABILITÉ DU CHEF DE BORD
  • ENVIRONNEMENT – CONSOMMATION – PÊCHE
  • RADIO VHF

Chaque cours est doté d’un test thématique, et à la fin de chaque module vous en trouverez un supplémentaire traitant de tous les thèmes du module.

Le module 4 de son côté est dans les starting-block !

Alors qu’en pensez-vous ?

Si vous avez des questions : patrick@mata-i-nautisme.fr

À bientôt !

Patrick Belliot

Retour haut de page