Contact : info@mata-i-nautisme.fr

Historique de l’école de voile Mata’i Nautisme

Historique de Mata’i Nautisme

Notre école de voile est née en 2011 en Polynésie Française, sur l’île de Raiatea. Nous avons choisi un terme tahitien et l’avons conservé en souvenir des trois années de bonheur que nous avons vécues en Polynésie.

« Mata’i » signifie l’air et le vent en Tahitien. Voici cette histoire.

Partir pour la Polynésie en voilier

C’était mon rêve depuis l’adolescence. Un rêve qui m’a accompagné bien longtemps pour se transformer en projet puis en réalité concrète.

Car ce rêve s’est accompli aux Marquises lorsque nous y sommes arrivés en mai 2010 à bord de notre voilier. Nous avons acheté FIDJI en Bretagne en 2007, largué les amarres et traversé l’Atlantique en 2008, passé le canal de Panama puis traversé l’océan Pacifique.

Un périple qui nous a mené du Cap Vert aux Antilles, puis de la Colombie aux San Blas, sans oublier nos escales extraordinaires au Costa Rica puis à l’île Coco. En arrivant en Polynésie, nous avions donc déjà parcouru un bon bout de chemin.

Ci dessous, FIDJI au mouillage près d’une île des San Blas (Panama).

Les îles sous le vent

Nous arrivons aux îles sous le vent en Septembre 2010. Il faut savoir que la Polynésie est composée de cinq archipels (Marquises, Tuamotu, Australes, Gambier et Société). L’archipel de la Société est composé des Iles « du vent » (Tahiti – Moorea…) et des Iles « sous le vent » (Raiatea – Tahaa – Huahine – Bora Bora…). Naviguer en Polynésie, sur une surface océanique aussi vaste que l’Europe pour rejoindre des îles « confettis » à la beauté époustouflante reste un souvenir indélébile.

Nous vous raconterons ça dans nos CARNETS DE VOYAGE dès que possible.

En tout cas, dès notre arrivée à Raiatea, nous reprenons notre activité de marins professionnels. Nous exerçons comme « skipper » et « hôtesse » comme nous le faisions aux Antilles. L’activité de charter touristique nous plaisait, même si ce travail est très exigeant, physique et fatiguant. Nous emmenons nos clients sur des catamarans comme l’Eleuthera 60 pour la société Archipel Croisière, mais aussi sur d’autres voiliers des sociétés Moorings et Sunsail.

Ci dessous, un des navires sur lequel nous avons travaillé, MATA FENUA, et nous à bord.

Création de notre école de voile à Raiatea

Après seulement quelques semaines d’activité salariée, cette région et surtout le superbe plan d’eau du lagon de Raiatea et Tahaa réveille notre désir d’enseigner la voile et de monter notre structure. C’est une activité bien différente de celle qui consiste à transporter des touristes d’un point à un autre. Elle correspond mieux à notre goût pour le partage des connaissances et nous y trouvons sur la durée plus de sens.

C’est donc là, en 2011, que nous décidons de créer Mata’i Nautisme.

Ci dessous, notre situation géographique et une vue de Bora Bora prise depuis Raiatea. Au premier plan, la piste de Raiatea.

Mata'i Nautisme à Raiatea

Polynésie - Raiatea Huahine

 

Nous effectuons les formalités administratives d’usages en Polynésie (par exemple, la « papeetisation » du voilier, qui consiste à réaliser son importation officielle en Polynésie, avec passage par un transitaire et paiement d’une taxe conséquente).

Pour propulser notre petite école de voile, nous cherchons des partenaires, créons un site internet, des affiches, des plaquettes qui sont collées et distribuées à vélo dans tous les lieux publics et hébergements touristiques de l’île de Raiatea.

Nous avons même un spot publicitaire de 40 secondes, diffusé pendant quelques mois sur la radio Taui FM ! Et je vous l’ai retrouvé, j’y ai ajouté quelques images…Avec l’accent tahitien, ça vaut le coup ! (L’adresse du site internet et le numéro de téléphone qui y sont évoqués ne sont plus valables).

Développement rapide du projet

Rapidement, nous contactons les Affaires Maritimes et le centre de formation de marins professionnels à Tahiti et Moorea et demandons l’agrément en tant que « centre de formation professionnel ». Dans l’élan nous mettons en route les administrations locales et alertons sur la demande et le besoin (criant) de formations nautiques, en particulier afin de créer une session de formation « Module 5 Voile » du Capitaine 200 qui n’existait toujours pas en Polynésie.

L’école de voile rencontre alors un franc succès.

Comme espéré, nous accueillons pas mal de monde et constatons que malgré les apparences et les dires des uns et des autres, la demande existe bel et bien. Nous vendons plus de 400 journées de voile en 2 ans, dont des stages et croisières de durées allant jusqu’à 15 jours.

La zone de navigation de Mata’i Nautisme s’étend alors de Bora Bora à Huahine.

Stage voile Polynésie
Stage voile Polynésie
Stage voile Polynésie
Stage voile Polynésie

Depuis la marina Apooiti, nous effectuons de multiples sorties à la journée et même à la demi-journée dans le lagon de Raiatea Tahaa et ne faisons pas semblant d’enseigner. Nous enchaînons les manœuvres sous voile, virements de bord, empannages, prises de ris, prises de coffre, exercices de récupération d’un homme à la mer. Les topos théoriques sont également très demandés.

Grâce à notre site internet nous touchons une clientèle venue directement de France et même du Brésil pour naviguer avec nous !

Plusieurs de nos stagiaires nous recommandent à leur famille. Ainsi, enfants, grands-parents, oncle ou tante, frère ou sœur se retrouvent à notre bord découvrant dans et autour de ces lagons paradisiaques les plaisirs de la croisière à la voile. Ci dessous, une affiche Mata’i Nautisme de 2013.

Ecole de voile Polynésie
Départ de Polynésie et cap à l’ouest

Après 3 ans et 3 mois en Polynésie, notre envie de découvrir d’autres îles du Pacifique nous démangeait. Pour comprendre ce départ qui nous a beaucoup touché, il faut savoir à quel point ces îles sont petites. Quand on a été élevé sur un continent, s’adapter dans la durée à des territoires si petits n’est pas si simple. La question de partir ou de rester est souvent très présente chez les « Popaa » (les blancs à la « peau brulée ») installés sur place.

En tout cas, malgré le fait que nous soyons heureux et bien installés, nous nous considérons toujours en voyage. Alors en août 2013, nous repartons. Un moment très difficile tant nous nous sommes attachés à ce pays et à ses habitants. Nous savons que nous n’oublierons jamais ces années passées en Polynésie et nous partons évidemment avec l’idée d’y revenir un jour.

Voir Raiatea et Tahaa disparaître derrière l’horizon n’a pas été un moment de joie, malgré l’excitation de reprendre la route.

Nous rejoignons la Nouvelle Calédonie

Sur notre route vers l’ouest, nous passons par les îles parmi les plus belles et reculées de la planète, Maupiti, Mopelia, Niue, Tonga, Fidji, Vanuatu, Lifou, Île des Pins, un voyage incroyable…Ci dessous, un réveil extraordinaire dans le sud de la Nouvelle Calédonie en baie de Prony…

 

Puis nous arrivons après de multiples escales, à Nouméa.

Nous sommes alors en décembre 2013. Nous ne savons pas combien de temps nous allons rester, nous avons des avis contradictoires sur cette ville et sur la Nouvelle Calédonie en général. À nous de nous faire une opinion.

Une de mes premières démarches est d’aller faire un saut à l’École des Métiers de la Mer pour leur proposer de mettre en place, comme à Raiatea, de la Formation professionnelle Voile, qui en Nouvelle Calédonie non plus, n’existe pas. Voilà qu’ils me proposent alors un poste d’agent de la fonction publique, formateur à temps plein au sein de l’école. Un CDI, un vrai contrat de travail non précaire ? Je n’ai jamais connu ça dans le milieu du nautisme et j’accepte, évidemment.

Isabelle de son côté remet en route une de ses activités préférées, l’animation des ateliers mémoire. Mata’i Nautisme est alors loin et en sommeil, ces nouvelles activités nous intéressent et nous passionnent ! Pour la suite, nous verrons plus tard.

Une opportunité professionnelle….

Pendant cette période à l’école des métiers de la mer, on me demande de prendre en charge l’enseignement de toutes les matières du service « pont » pour les futurs marins professionnels : navigation, carte marine, météo, marée, balisage, feux des navires, réglementation, radio, manœuvre, etc…Je conçois tous les supports et exercices pédagogiques que j’utilise, et découvre un nouveau public, le plus souvent mélanésien.

En outre, je suis aussi envoyé en mission de formation en dehors de Nouméa, dans les îles ou « en brousse » et je participe, avec le service des Affaires Maritimes de Nouméa, à la sélection, conception, évaluation et correction des examens.

Je suis heureux et passionné par ces nouvelles matières bien qu’un peu loin de la voile, de la plaisance et de la croisière. Et je m’entends vraiment bien avec ce nouveau public. J’apprécie le jeu de la pédagogie, qui consiste à trouver comment rendre un sujet à priori « pénible » ou « inutile » au minimum intéressant et au mieux passionnant pour mes interlocuteurs.

Je m’amuse de voir certains stagiaires me dire qu’ils s’éclatent avec mes exercices de carte ou quand les plus introvertis osent enfin me poser des questions. Le mieux c’est de voir leurs yeux s’éclairer par le fait d’avoir compris, ou quand ils rechignent à quitter la salle à 17 heures comme prévu. Du bonheur !

Ci dessous, mes stagiaires en formation Capitaine 200 avec leur carte marine, la 7066 bien sûr !

Stagiaires EMM Nouméa

…qui finira par s’essouffler

Mais après plusieurs sessions de formation, qui furent trop brèves et trop rares (je passe de longs moments à me sentir inutile derrière mon bureau) je finis par m’ennuyer. Le niveau reste très bas et les nouvelles réglementations qui se profilent ne présagent rien de bon. Je souhaite continuer à progresser et je ne vois pas comment je pourrais le faire dans ces conditions.

Mon intention de créer une session de formation voile à l’École des Métiers de la Mer est étouffée par l’administration. Tout est près de mon côté, mais elle préfère continuer à signer des « dérogations » pour que les « marins » puissent travailler sans avoir les qualifications et modules de formation normalement requis. Je suis déçu et découragé.

Je trouve ça dingue, nous sommes sur une île au potentiel énorme pour la voile et pour une plaisance professionnelle de très haute qualité. À condition d’avoir du personnel compétent. J’ai l’impression que tout le monde s’en fout, les niveaux sont tirés vers le bas. Courir après les subventions, financements et autres aides diverses est un sport national. Cela ne fait aucun sens pour moi, car je crois vraiment à ce potentiel économique pour la Nouvelle Calédonie. Mais les épées de Damoclès (la fin des aides, le référendum d’auto-détermination, le cours du nickel…) sont autant d’énormes freins à l’épanouissement du pays. Il vit dans l’expectative et pas assez dans le développement durable de son grand potentiel.

Je finis donc par démissionner et Isabelle arrête ses ateliers mémoire.

Nous allons partir pour diverses raisons supplémentaires : La ville nous plombe de son stress et sa pollution nous est de plus en plus insupportable. Mais il y a aussi le fait que nous n’ayons toujours pas de place pour FIDJI et le manque de temps libre pour rentrer en métropole retrouver les nôtres…

Sans oublier cette envie de reprendre notre voyage que l’on peut considérer comme « en pause » durant ces 2 années de vie citadine « à la française ». En outre, je ne vous raconte pas le choc que c’est de passer de Raiatea à Nouméa.

Nous quittons Nouméa début 2016

L’escale aura duré 2 ans et 4 mois. Notre premier objectif au moment où nous partons : laisser FIDJI quelque part en sécurité afin de rentrer en France y passer quelques mois. Ce qui ne nous a pas été possible à Nouméa. Tant pis pour eux, cap sur la Nouvelle Zélande !

Mais pour la première fois, nous nous retrouvons dans l’obligation de faire demi-tour après 3 jours et 3 nuits de mer à cause d’une météo trop dure ! Le vent de face, trop fort, nous repousse en Nouvelle Calédonie. Nous atterrissons attristés à l’île des Pins. Nous y restons deux semaines entières à réfléchir à notre situation. Cela faisait des lustres que nous ne nous étions pas posés comme ça.

Nous décidons d’aller en Australie. Mais avant, nous voulons vraiment visiter la Nouvelle Calédonie avec FIDJI. Après tout, nous n’avons pas vraiment pris le temps de le faire jusqu’ici.

Nous réalisons alors à quel point la navigation en voilier est exceptionnelle dans ce lagon calédonien et tombons carrément sous le charme des couleurs, des paysages, des mouillages, de la faune, de la flore, etc…

C’est une vraie découverte de ce pays où nous vivons pourtant depuis deux ans et demi. Nous sommes ébahis. Loin de Nouméa, à tous les niveaux. Nous respirons et nous détendons franchement ! On retrouve même des parfums de Polynésie. Le stress est balayé, nous faisons le ménage dans nos têtes.

 

Une place de marina inattendue

Toutes nos recherches pour laisser FIDJI en sécurité quelques mois étaient restées infructueuses en Nouvelle Calédonie. Visites en personnes, emails, appels téléphoniques, inscriptions sur les « listes d’attentes »…Au sec comme à flot, rien, pas une solution pour prendre en charge notre voilier quelques mois !

Au CNC à Nouméa, on nous a même ri au nez d’oser poser ce genre de question idiote ! Voilà une marina qui se permet de ne même pas avoir de « ponton visiteur ». (La privatisation totale et sans partage de l’espace public maritime est un autre sport national )…

Les seules options que nous avions étaient en Nouvelle Zélande ou en Australie !

Notre dernière escale avant de traverser vers l’Australie, c’était la marina de Pandop, à Koumac. Nous sommes alors tout au nord du pays, à l’opposé de Nouméa qui se trouve à 5 heures de route.

Et là : SURPRISE ! La commune a récemment repris la gestion de la marina et le jour même de notre arrivée…devinez quoi : On nous propose une place à l’année pour FIDJI.

Incroyable comme le simple fait de changer de gérant peut libérer des places !

Nous sautons sur l’occasion et abandonnons notre projet australien. Nous amarrons FIDJI dans tous les sens et nous envolons dans les jours qui suivent pour la métropole. Ci-dessous, notre nouvelle base !

La marina de Koumac

Mata’i Nautisme Renaissance

Nous sommes donc mi-mai 2016. Retour en métropole pour 4 mois et demi : voilà 8 ans que nous n’avons plus passé autant de temps chez nous. Nous sommes heureux de retrouver nos proches et nos racines.

Professionnellement, nous avons eu le temps d’y penser, nous savons ce que nous voulons faire : Accueillir et enseigner. Et si possible, ensemble !

Alors, notre école de voile, Mata’i Nautisme, ce souvenir de Raiatea, va renaître…en France ! En juin – juillet, nous trouvons un partenaire loueur de voilier et relançons l’activité avec des voiliers particulièrement sympas comme le Sun Odyssey 449 MOUN que vous voyez ci-dessous.

Les démarches administratives, assurance, carte professionnelle, entreprise sont expédiées.

Je me lance dans la création d’un nouveau site internet et décide d’apprendre le « webmarketing » et le « blogging » pour nous faire connaitre. On repart « à zéro » !

En août, nous effectuons deux stages de 5 jours, un véritable bonheur ! Cela nous confirme que c’est possible, on peut y arriver !

Début octobre, retour en Calédonie. Nous retrouvons FIDJI exactement comme nous l’avions laissé.

Rebelote avec la paperasse, Mata’i Nautisme renaît également…à Koumac. Le site internet commence à prendre forme grâce aux formations que je suis en ligne. Comme à Raiatea, nous faisons le pari que nous pouvons trouver des clients même à Koumac.

Nos premiers stagiaires nous confirment que c’est possible. C’est la puissance d’internet !

Nous entrons dans un nouveau rythme

Nous nous envolons donc à nouveau pour la métropole à l’été 2017, et nous recommençons en 2018. Nos résultats sont toujours, bien que modestes, en progression.

Et comme le dit mon formateur sur internet, « Seule la progression compte » !

Original n’est-ce pas ? Nous reprenons une activité de saisonnier ! Ainsi notre voyage s’éternise, on fait durer le plaisir et nos plans restent modifiables. Trouver une solution pour avoir un pied sous les tropiques et l’autre en métropole me trotte dans la tête depuis que nous avons atteint le point sur terre qui fait que tout départ vers l’ouest nous rapprocherait inexorablement de la fin du voyage…

Ce projet d’école de voile est ambitieux mais nous tentons l’aventure. Impossible de dire ce qu’il en sera dans deux ou trois ans…

Du coup, je vais finir ce récit avec un dicton de Paulo Coelho que j’aime bien :

« Vous pensez que l’aventure est risquée ? Essayez la routine, elle est mortelle ! »

 

Patrick Belliot

Mata’i Nautisme

Le 15 mars 2018 à Koumac

Pour aller plus loin, cliquez ci-dessous :

En savoir plus sur nos stages de voile en Bretagne

En savoir plus sur nos stages de voile en Nouvelle Calédonie