Annulation de nos activités…

Bonjour à tous !

Depuis mon dernier message, beaucoup événements ! Le plus contraignant d’entre eux étant bien entendu le confinement, l’interdiction de sortir en mer, et en conséquence l’annulation de toutes nos activités.

Nous nous retrouvons du jour au lendemain, comme des milliers d’entrepreneurs (entre autres), sans activité et donc sans revenu.

Pourtant il faut honorer les frais, la marina, les assurances, les abonnements téléphone et internet, les logiciels et outils utilisés pour notre communication numérique (Adobe, Microsoft, Google…) et pour faire tourner le site internet, sans oublier bien sûr l’alimentation.

Mais nous ne sommes pas à plaindre, parce que nous vivons depuis douze ans à bord d’un voilier et que nos dépenses sont faibles. Nous pouvons tenir quelques mois sans revenu.

Prise de recul

Cependant, une fois de plus, je ne peux m’empêcher de prendre du recul. Je pense aux malades et à leur famille bien sûr. Aux salariés des hôpitaux, des grandes surfaces, des collectivités, des entreprises de toutes tailles qui délivrent des services vitaux…Et d’une manière générale, je pense à tous ceux qui font que le pays continue malgré tout à fonctionner. C’est de l’héroïsme pour nombre d’entre eux, aides-soignants, éboueurs, agents de caisses, etc…vous savez, ces « gens qui ne sont rien ».

Et bien sûr, je pense à ceux qui sont en train de perdre ou ont déjà perdu leurs ressources. Une situation qui ne sera pas tenable très longtemps. Nous savons bien que nombre de nos concitoyens ont des fins de mois déjà très difficiles. Là, cette situation, c’est le pompon.

Sans revenu, l’équation est impossible à résoudre. Dettes, crédits, loyers, assurances, abonnements divers, et bien sûr électricité, eau, gaz, alimentation…Et puis il y a les nouveaux types de crédits, leasing et autres paiements différés à honorer, puisqu’on s’endette aujourd’hui pour tout et n’importe quoi, même pour un téléphone ou une télé.

Les changements à venir

Nul besoin d’être devin pour comprendre que nous allons vivre de grands changements. Difficile d’imaginer objectivement la suite, d’analyser les conséquences des multiples faillites qui se profilent. On peut imaginer le pire comme le meilleur, cela dépend aussi de nous et des actions que nous pouvons collectivement entreprendre.

Le terme « crise » sous-entend un retour à la situation antérieure. Mais au-delà du fait que cela soit souhaitable ou pas, est-ce honnêtement, objectivement, possible ? Qui va trouver du boulot à ceux qui sont en train de le perdre, et qui va honorer les dépenses courantes, parfois vitales, et les dettes impayées ?

Je ne sais pas si le système peut gérer et supporter ça, la question se pose en tout cas.

Ce virus jette une lumière vive sur la fragilité de nos économies ouvertes à tous les vents, interdépendantes et financiarisées. Nous voyons clairement à quel point nous avons besoin de construire des systèmes résilients, autonomes, dégagés des intérêts purement financiers de court terme qui s’opposent frontalement à la notion de service public.

Quel chemin allons-nous prendre ?

Ces réflexions et ces propos ne datent pas d’hier. Cela fait belle lurette que nous savons qu’une étincelle, qui se présente aujourd’hui sous la forme d’un virus, allait finir par mettre le feu à ce château de carte que sont devenus nos nations interdépendantes. Ceux qui prônent l’autonomie, la décroissance, la baisse du temps de travail, la relocalisation, la solidarité, le partage des richesses, le service public, la sobriété, …. Avaient donc raison. Et ils ont toujours raison, voilà l’évidence.

Allons-nous prendre ce chemin ? Avec les dirigeants que nous avons, il est permis d’en douter. Il est donc permis de s’inquiéter, et de s’opposer.

Je veux aussi dire un mot à ceux qui ne supportent pas la contradiction et la critique radicale envers ce système mortifère. Ainsi qu’à ceux qui rétorquent que ce n’est pas le moment de faire de la politique. Nous avons voulu faire entendre une autre voix, depuis des années. À titre d’exemple, faut-il rappeler la démission fracassante de Nicolas Hulot ? Quand on perd quelqu’un d’aussi tranquille et modéré, c’est qu’on est vraiment incapable de remettre en question le système. Incapable d’écouter les contradicteurs, incapable de se remettre en question, incapable de changer.

Nos dirigeants sont des idéologues, on leur a rentré des balivernes bien profondément dans le crâne et ils ne sont pas prêts à changer d’avis, malgré les discours qui ne sont que mensonges de publicitaires, abreuvés qu’ils sont de marketing et de conseils en communication.

La politique fait TOUT notre environnement, qu’il soit social ou professionnel. Elle créé le contexte de nos vies et de celles de nos enfants. Il faut s’en emparer et s’y intéresser, sinon, nous ne pouvons que subir les décisions qui sont prises. C’est le désintérêt populaire pour la politique qui permet que de nombreuses décisions soit prises contre ses intérêts.

S’isoler sur une île déserte ?

Pour finir, je vis depuis suffisamment longtemps sur mon voilier pour préciser que oui, c’est possible de s’imaginer seul, quelque part loin de tout, à la manière de Robinson Crusoë, des protagonistes des films « Captain Fantastic » ou « Into the Wild ».

Mais l’autonomie totale n’est pas si simple, on a toujours besoin des autres à un moment donné. Ce n’est pas une solution durable. Et en plus, (c’est mon cas), on finit par se sentir, lorsque l’on se met des œillères et qu’on se place trop longtemps en dehors du système, un peu vide, égoïste, la vie perd de son sens. Ce n’est donc pas donné à tout le monde, et je crois pouvoir dire que ce n’est pas pour moi, j’aime trop mes frères humains, et je me sens concerné par ce qui se passe autour de moi. C’est comme ça.

Bref, c’est mon avis, je m’exprime aujourd’hui 1er avril 2020 dans un contexte très difficile avec ce virus qui fait maintenant des centaines de morts par jour en France.

Cela fait juste du bien d’écrire…

Bon courage à tous !

Patrick Belliot

PS : C’est le moment de voir ou de revoir le film « La Belle Verte » de Coline Serreau et le documentaire DEMAIN de Cyril Dion et Mélanie Laurent.

PPS : Si vous cherchez des projets positifs à étudier, je peux par exemple vous orienter vers « les Colibris », qui disposent d’un grand répertoire de contacts et d’actions à mener…

PPPS : On est en train de préparer notre rebond, c’est un secret 😊 mais je créé actuellement un tout nouveau site internet pour proposer mes formations nautiques en ligne ! Plus de news sur ce sujet très bientôt !

Grosses bises, plein de pensées positives !

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